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Casa Music Festival : MaRocK in Casablanca

August 31, 2009

Copyright Festival Casa Music

Mercredi 15 Juillet 2009 : En feuilletant le gratuit « Au Fait » (le 20 Minutes Casablancais), je m’attarde sur une publicité pour le Festival Casa Music. L’an dernier, j’avais déjà entendu parler de ce festival gratuit organisé dans la ville de Casablanca mais la programmation ne m’avait pas interpellé. Ce jour-là, en revanche, entre Craig David et le Rappeur Busta Rythmes, je vois se dévoiler sous mes yeux les noms de Texas et CSS (Cansei de Ser Sexy). Après vérification sur Internet, je réalise que cette programmation, aussi surprenante soit-elle, est bel et bien une réalité.

Le Maroc ne peut revendiquer une tradition de festivals de musique au sens européen et ne peuvent prétendre à une programmation aussi étoffée. Mais depuis quelques années, le Royaume se fait une place sur un plan international en jouant la carte « Musiques du Monde » notamment à travers le célèbre Festival de Musiques GNaoua d’Essaouira. Depuis 2001, Rabat s’est également mis à l’oeuvre à travers le Festival Mawazine qui a vu entre autres Kylie Minogue, Alicia Keys ou encore Stewie Wonder se produirent cette année.

Pour sa 5e édition, les organisateurs du Festival Casa Music avaient opté pour une programmation plus pop, actuelle et urbaine, le tout en offrant quatre jours de concert gratuit au public casablancais. Pour ma part, les hostilités démarrent dès le Jeudi Soir avec Craig David. Loin d’apprécier la musique du célèbre chanteur de R’N’B, c’est la curiosité de découvrir un concert marocain et le public casablancais qui me pousse à y assister. A voir la foule nombreuse, cela confirme la popularité de ce style de musique au Royaume et les familles et nombreux jeunes présents prennent plaisir à voir évoluer leur idole pour un véritable show made in UK.

A 23h, la soirée se poursuit sur la Place Rachidi dans le centre de Casablanca pour un deuxième concert très attendu CSS @ Place Rachidipour ma part : le groupe brésilien d’électro-rock CSS (Cansei de Ser Sexy). Groupe peu connu et découvert en 2007 où j’avais eu l’occasion de le voir évoluer sur scène au Wireless Festival de Londres puis à la Route du Rock à St-Malo. Une programmation si pointue au Casa Music Festival me laissait plutôt dubitatif mais l’idée de pouvoir les revoir sur scène au Maroc m’enchantait. Alors que les premiers “Salam Haleikhoum” sont lancés par la chanteuse au public casablancais et que le groupe enchaîne ses premiers riffs, le spectacle semble être plutôt du côté de la foule. Il est tard, les familles ont déserté l’endroit, et ce sont des jeunes (de la Medina en majorité, située à deux pas de la place) pour un public quasiment 100% masculin qui ont investi les lieux. Au vue des premiers pogos et mouvements, le public semble découvrir le groupe dans une atmosphère assez déconcertante. La suite du concert est un florilège du meilleur de CSS ponctué par un chaleureux « Choukran » de la chanteuse à chaque fin de chanson. L’électro-rock punchy du groupe brésilien se prête bien au cadre exotique de la place avec une haie de palmiers à l’arrière de la scène. A 00h00, le concert se termine, et il est temps de repartir, la foule semblant surchauffée et aux milieux de quelques échauffourés entre jeunes et policiers, nous nous frayons un passage pour un sympathique concert dans une ambiance tout de même peu habituelle à nos yeux. Se rendre à un concert au Maroc n’a rien à voir avec un festival européen et l’expérience est unique.

Nneka - Copyright Festival Casa MusicLe samedi soir, c’est au tour de Sharleen Spiteri du groupe Texas d’enflammer la scène de la Corniche. Le son rock de la chanteuse écossaise conquiert le public plus familial à cette heure-ci, et c’est dans une véritable communion avec la foule que nous nous délectons de ce son si familier au milieu du public casablancais. La deuxième partie de soirée se déroulera Place Rachidi pour la découverte de la chanteuse Nigériane de Soul Nneka. Comme le Jeudi soir, la foule est plutôt masculine, et nous nous prenons non sans mal aux jeux des pogos avec les locaux. La performance de la jeune chanteuse nous enchante et confirme la programmation pointue des organisateurs, ayant su mêler grands noms et découvertes musicales pour le public casaoui dans des genres bien différents. Le Festival prendra fin le Dimanche Soire en rassemblant près de 70.000 personnes pour la venue du rappeur US Busta Rhymes.

Copyright Sidi Nicolas L. Studios

Le Casa Music Festival apparaît unique en son genre, et si l’ambiance est différente du vieux continent, il n’en reste pas moins que la venue de ces groupes au Royaume est tout à fait réjouissante. Une bien belle initiative, qui plus est gratuite, de la part de Farid Bensaïd, président de Casa Music, et de l’organisateur,  l’Association Forum Casablanca,  pour une édition 2010 qui devrait tenir encore plus de promesses !

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Bonne Année….1430 !

January 12, 2009

Si l’année 2009 du calendrier grégorien a été célébrée au Maroc au soir du 31 Décembre 2008, il n’en reste pas moins qu’il s’agissait à deux jours d’intervalle du passage simultané à l’an 1430 sur le calendrier musulman. Cette année, le 1er Moharram (1er Jour de l’an, calendrier musulman) a eu lieu le 29 Décembre. Chaque année à l’instar des autres fêtes religieuses musulmanes (Ramadan, Aid El Fitr, Aid El Kebir), la date est décalée de 10 jours environ sur le calendrier de la vie civile.

Sana Saiida 2009 !Chameliers, Oulad Driss, Sahara

Comment s’y retrouver avec toutes ces notions de temps aussi différentes. Quoiqu’il en soit, la bonne année, « Sana Saiida » en arabe, a été fêté comme il au convient aux bureaux avec les traditionnels vœux de début d’année. Cela a donné « Bonne Année et tout le package ». Le package inclue avant tout la santé, capitale, mais aussi le bonheur et la prospérité en espérant que la famille se porte pour le mieux durant cette nouvelle année.

Conquête du Sahara

Au programme en cette fin d’année, un retour en France pour apprécier la magie de Noël et voir de plus près la frénésie consommatrice de mes compatriotes, tout va bien malgré la crise apparemment. De la visite au bled et pour l’occasion un sublime circuit dans le sud-marocain aux portes du Sahara, cette escapade fera l’objet d’un article très prochainement !

Affiche du Film CasanegraNuits Fraîches à Casa

Enfin, un petit point météo sur la reprise du travail et du quotidien à Casablanca. Le bassin méditerranéen subit la vague de froid européenne dans une moindre mesure, à défaut d’être sous la glace, on se gèle tout de même car les appartements n’ont pas un équipement adéquat pour les fraîcheurs hivernales, la température tourne aux alentours de 15 degrés la journée et descend à 8 degrés la nuit. Vivement le Printemps !

Casanegra, le cinéma marocain à l’honneur

Sur le plan culturel, découverte du cinéma marocain au Megarama de Casablanca, tant au niveau de l’assistance que du film en lui-même. On s’est cru au théâtre le temps de la séance pour la découverte d’un film Casablancais, Casanegra, qui fera lui aussi l’objet d’une critique plus détaillée inch’allah.

La Bande-Annonce de Casanegra


Be Slama !

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Fête de l’Aid ou le Noël Marocain

December 24, 2008

Transport Express de Moutons à MarrakechDepuis quelques jours, d’étranges bruits hantaient les rues de Casablanca ou plutôt les sous-sols des immeubles. Le temps d’un week-end, Casablanca s’était bel et bien transformé en une ferme grandeur nature, enfin un parc à ovins. En prémisses des festivités de la fête religieuse de l’Aid, le mouton était roi à Casablanca, chaque famille ayant acquis la bête en vue du sacrifice le Mardi matin suivant.

Aid El Kebir

Pour se remettre un peu dans le contexte, il s’agissait de la fête de l’Aid El Kebir. La fête a lieu le 10e mois du calendrier musulman. Après avoir été briefés par des collègues marocains sur le déroulement de la fête, nous autres francaouis nous faisions une petite idée des hostilités.

Parlons un peu Religion car finalement elle est partie intégrante de la vie quotidienne au Maroc et chez ses voisinsBBQ maghrébins. Le principe de l’Aid El Kebir c’est l’achat d’un mouton pour chaque famille marocaine. Le mouton symbolise la soumission d’Abraham à Allah. Abraham acceptant de sacrifier son fils Ismaël pour Allah, et ce dernier envoyant un mouton à la place de l’enfant pour l’offrande sacrifielle. L’Aid El Kebir, c’est quelque part le Noël Marocain, un temps fort religieux et familial. A ce propos, les couloirs étaient des plus déserts au bureau en cette fin de semaine.

Spéculation sur le mouton

Ainsi dès Lundi, on pouvait voir dans les rues de Marrakech et de Casablanca, des moutons à gogo transportés en scooter (bonjour l’équilibre) ou bien tout simplement dans le coffre de la voiture. Et à la nuit tombée, il était assez amusant de prêter l’oreille que ce soit dans la rue pour observer le mouton cantonné au balcon ou bien près des portes de garages pour voir la bête attachée dans le sous-sol de l’immeuble. Quoi qu’il en soit, l’achat du mouton est surtout sujet à polémique. Propageant la rumeur, les agriculteurs cherchent insidieusement à monter le prix de leur marchandise. Cette année, le coût du mouton était d’environ 2500 Dhs, une coquette somme pour le Marocain lambda. J’avais suggéré aux gardiens au travail d’investir dans le cochon, pensant que la bête était bien meilleur prix. L’idée était amusante, la blague fut appréciée mais non c’est bel et bien du mouton dont il s’agit. D’ailleurs, il est de bon ton de donner quelques deniers, sorte d’étrennes à son gardien à l’occasion de cette fête. D’un point de vue économique, l’Etat et les Banques facilitent le crédit à taux zéro. Les familles l’utilisent à souhait soit pour l’acquisition du mouton ou bien pour s’équiper électroménager au Marjane du coin. Il était assez surprenant de voir des publicités surgir à tout coin de rue ayant pour contenu des dessins de mouton, l’humour est bien présent parfois de mauvais goût.

Ambiance surréaliste dans les rues de Casablanca

Ainsi Mardi Matin en fin de matinée, ayant loupé mon sacrifice de mouton initial, j’étais bien décidé à voir ce qu’il en découlait.pc093400 Un premier barbecue improvisé en bas de ma rue m’avait mis la puce à l’oreille. Je découvrais avec surprise les premières têtes de la bête sacrifiée passées sur le bûcher afin d’enlever tout poil. Mais le plus surprenant était la présence de Marocains apprentis bouchers portant de long couteaux et postés à chaque coin de rue. Il ne fallait pas être débarqué de la veille devant ce spectacle, d’autant plus que le reste de la rue était déserte. Décidé à en voir plus et poussant ma curiosité légendaire, je suis allé me promener plus loin dans la ville du côté du quartier populaire du Maarif jute derrière les fameuses Twin. Les scènes de rue étaient alors dignes de Grozny. Des barbecues improvisés fleurissaient à tous les coins de rue dégageant une épaisse noire, on aurait dire une manifestation alter mondialiste. Le sang qui coulait dans les caniveaux résumait aussi bien l’ambiance. Tout ce petit monde s’affairait pour porter tête et pieds afin de les brûler dans la tradition.

pc093402Pas décidé à en rester là, en discutant avec un Marocain, ce denier me demande si je souhaite assister à un sacrifice. Je me doutais que la partie n’était terminée, pouvant encore entendre le bruit des “bês bês bês” au loin. De ce pas, je le suis et découvre la découpe du mouton dans une cour intérieure, le sacrifice venant tout juste d’avoir lieu, la bête était encore chaude, les intestins tout justes retirés. Un des hommes soufflait à travers la peau, il m’expliqua que c’était pour faciliter la séparation entre la viande et la peau de laine.

Le rituel est également respecté concernant la consommation des éléments. Le premier jour, les croyants mangent tous les organes internes (foie, cœur, intestins..) sous formes de brochettes épicées. Ensuite, vient la découpe de la viande la queue à l’Acima pouvait en attester.

Cette tradition peut paraître choquante pour l’occidental. Il est clair que cette chère Brigitte Bardot n’aurait guère apprécié. Il n’en reste pas moins que ce rituel est un véritable sacrifice et point une fanfaronnade comme on le voit dans notre religion. La scène est impressionnante et donne lieur à de véritables festivités. Ce qui m’a choqué, c’est plutôt le manque d’hygiène et le découpage à la chaîne de la part des bouchers. A propos, le gouvernement a pris des mesures pour mieux contrôler le rituel. L’année prochaine, c’est décidé, ce sera l’investissement dans un mouton afin de goûter véritablement au sacrifice et de savourer pleinement cette fête si particulière mais si importante pour le Monde musulman.


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Le Miracle de l’Atlas

December 10, 2008

Haut AtlasProfitant des fêtes de l’Aid El Kebir et de l’ouverture de la saison hivernale, c’est en compagnie de Nicolas, autre collègue VIE à Casablanca, que nous sommes partis à destination d’Oukaimeden. Pour ma part, il s’agissait d’un baptême du ski au programme tout en espérant que la neige soit au rendez-vous. La station de ski marocaine d’Oukaimeden est la plus haute de l’Afrique, située à 2700 mètres d’altitude dans le Haut Atlas, le toit de l’Afrique du Nord. Si les pistes culminent à 3200 mètres, Oukaimeden n’est pas le sommet de l’Atlas, le Jbel Toubkal avec ses 4167 mètres dominant le massif.

Road to Oukaimeden, le toit de l’Afrique du Nord

pc073316Oukaimeden est situé à 75 km de Marrakech, sur la route de la Vallée de l’Ourika. La partie Casablanca – Marrakech s’est déroulée sans encombres, la nouvelle autoroute permettant d’engranger les 240 Kms séparant les deux villes en des temps très satisfaisants. La route s’est compliquée par la suite avec une dernière montée de nuit à travers les routes étroites et sinueuses de l’Atlas. C’est Chez JuJu, charmante auberge tenue par des Français, et appréciés des familles marocaines, que nous poseront nos guêtres. Après une nuit plutôt fraîche, le réveil au matin est des plus appréciables avec un petit déjeuner en terrasse au bord des pistes et une vue splendide sur la montagne toute enneigée. La station garde son charme marocain avec son lot de petits restaurants à tajines et ses vendeurs berbères de souvenirs en tout genre.

Du Ski Made in Morocco

L’heure est à la location du matériel. Pour une somme raisonnable de 175 dirhams, je repartirai avec paire de skis, bâtons, combinaison intégrale, chaussures de ski, lunettes et gants. Parés à affronter les pentes de l’Atlas, nous prenons l’unique remontée mécanique de la station. La station d’Oukaimeden s’est dotée de ce télésiège en 1963 alors que la création de la station date de 1936 avec la construction d’un premier refuge par le Club Alpin Français de Marrakech. Que ce soit sur la route bordant les pistes ou au sommet de ces dernières, l’accueil est des plus chaleureuses par les Marocains d’Oukaimeden qui se proposent « moniteurs » pour la journée. Nico, déjà habitué aux joutes savoyardes, sera mon moniteur pour part. Les échanges de « Salam Haleikhoum » mettent du baume au cœur à cette hauteur et rend les sourires radieux pour les gens du coin à la vue de Bedaouis qui s’essaient à quelques phrases d’arabe mieux maîtrisées qu’il y a quelques mois.

A peine les skis chaussés et c’est la première chute. Novice en la matière, il ne fallait pas s’attendre à mieux. L’équipementpc083339 n’est pas non plus dernier cri mais me convient très bien en tant que complet débutant. Il donne même une ambiance années 70’s assez sympathique au sommet des pistes et mes premières chutes font rire aux éclats les Marocains qui déjà voyaient à travers le Francaoui, le Blond de Gad Elmaleh. Après quelques minutes, je me lance dans mes premiers virages et commence à me prendre au jeu. Vingt minutes plus tard, il sera temps de déchausser, la piste étant fermée et grillagée pour la suite de la descente. Contraints de s’arrêter là, nous entamons une remontée à pied, skis sous le bras, pour rejoindre le bon bout de la piste principale. Totalement éblouis par la beauté des paysages et la vue imprenable sur tout l’Atlas, nous tentons un raccourci à travers la montagne.

Et Badaboum…

Il faut savoir qu’à cette époque, la station n’est pas encore officiellement lancée dans la saison et les amateurs de ski se font plutôt rares, préférant se cantonner à la première piste. Il est vrai que le ski est loin d’être le sport national au Royaume du Maroc. A vrai dire, il reste réservé encore à une classe supérieure, ayant les moyens financiers de l’hébergement et de l’équipement. Les infrastructures se mettent doucement en place comme en atteste le parc hôtelier encore restreint. C’est ce qui fait tout le charme de la station d’Oukaimeden. Néanmoins, des projets d’investissement colossaux de la part des Emirats pourraient rapidement bousculer la donne et Oukaimeden à l’instar de sa grande sœur Marrakech, vendre sa neige au diable.

Pour revenir à nos moutons, après environ une demi-heure de marche intensive dans la Montagne, nous regagnons le sommet mais sommes encore du mauvais côté de la piste. Malgré tout, nous tentons d’avancer dans la descente afin de rejoindre la piste en coupant plus bas. Bien mal nous en a pris de nous aventurer plus loin dans la descente. A 5 minutes d’intervalle, c’est la chute et le déchaussage en règle. C’est une chute incontrôlée sur une pente abrupte au milieu des rochers plus menaçants les uns que les autres. La prise de vitesse est fulgurante, je me retourne plusieurs fois et tente désespérément de planter mes chaussures dans la neige. La chute s’accélère et je vois déjà la fin en distinguant de grosses masses marron qui sont d’énormes rochers. Miraculeusement, je stoppe ma chute, et après avoir dégager la neige de mes yeux, aperçoit mon collègue d’infortune un peu plus bas qui reprend ses esprits.

Secourisme Berbère pour compagnons d’infortune

Le temps de se remettre de ses émotions et de constater que la situation est bien maldsc00500 embarquée. Chacun ayant en outre perdu sa paire de skis et de bâtons, un moindre mal à la vue de la chute spectaculaire. Le drame est passé tout près et nous nous demandons encore comment nous sommes sortis indemnes de cette chute en observant la pente abrupte qui se prolonge plus bas encore. Nous mettrons une bonne heure pour avancer pas à pas en dégageant la neige afin de se réfugier sur de plus gros rochers. Coincés au beau milieu de l’Atlas, le choix se tourne vite vers le contact de la station. La situation devenant trop incertaine pour remonter ou descendre. Par chance, mon mobile Meditel capte. Via un contact à Marrakech, je parviens à récupérer le précieux numéro du responsable du site de l’Oukaimeden, un dénommé Abdelmajid. La suite n’est que tentative de description géographique de l’endroit ou nous sommes coincés. Les premiers réflexes surviennent : une demi Sidi Ali, 4 biscuits déli-choc et 4 cigarettes. Dans 3 heures, la nuit va surtout tomber. Malgré tout, nous gardons confiance dans le pays. Si le mot secouriste n’entraîne pas les mêmes moyens, comme pour tout, il y aura un système D qui plus est bien plus efficace. Après 2h d’attente, voilà poindre un secouriste du nom d’Aznag. Il nous guidera pour la suite du périple à pied, à travers la montagne. Les premiers pas vers la descente sont fébriles devant la menace des plaques de verglas et la possible rechute. Les jambes lourdes, nous retrouvons le reste de l’équipe en bas qui nous rappelle au combien la bonne étoile était avec nous ou plutôt Allah veillait sur nous… A cet instant, l’expression « Hamdullilah » a pris tout sens.

Une chance inouïe de retoucher la terre ferme, de ne pas être bloqué la nuit et d’être tombé dans le seul endroit où le réseau mobile passait. Le lendemain a été consacré à la quête du ski, la boutique facturant la perte 3 000 Dirhams. Finalement, le guide les a retrouvés et l’incident nous aura coûté seulement 500 dirhams. Enfin à ce stade, l’argent ne signifie plusParc du Toubkal grand-chose.

Après cette mésaventure, la descente vers Marrakech a été grandement appréciée avec des vues sublimes sur le Parc du Toubkal, des scènes de vie grandioses et du mouton à gogo sur scooters et mobylettes des années 50 en prémisse des festivités de l’Aid El Kebir. Le souvenir de ce périple à Oukaimeden reste extraordinaire, au seul regret de ne pas avoir skié plus. Mais quoi qu’il advienne, je reviendrai inch’allah, l’Ouka est une merveille du Royaume Marocain et de sa nature. L’accueil a été des plus chaleureux en terre montagnarde et berbère. Skier sur l’Atlas est un étrange sentiment, là perché sur un des sommets de l’Afrique, à deux pas des palmiers de la vallée. Le pays est source de surprises et quand il vous garde une telle bonne étoile, il est difficile de ne pas succomber à son charme. Vivement la prochaine excursion dans l’Ouka ou bien à Ifrane, l’autre station de ski marocaine inch’allah !

Bilan du Périple :

> La sensation étrange de toucher la neige au Maroc
> Le Ski à la Marocaine dans un univers kitsch et attachant
> Une grosse frayeur et le test réussi du secourisme à la sauce berbère
> Quelques nouvelles expressions berbères (Choya tarlat = zouin bezaff la gazelle)
> Des paysages féériques avec la descente sur le Toubkal, de la neige d’Ouka aux palmiers de Marrakech
> Un contact chaleureux avec les Berbères de la Montagne à l’humour très bon

La Bonnes Adresse :

Auberge Chez JuJu : +212 (0) 24 31 90 05

La Photo Bonus, le transport berbère

Transport Berbère, Oukaimeden

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Casablanca, ici Casablanca !

November 18, 2008

Kasba de BoulaouaneAprès une trêve d’un mois, il était temps de remettre à jour le Casablanca Post. Le dernier mois a été plutôt chargé pour ma part entre un break sur le vieux continent et le travail, enfin surtout la réception d’invités à Casablanca. Le mois a donc été rythmé par des excursions successives à travers le pays : Marrakech et Oulmes, la sublime Kasba de Boulaouane (merci le GPS marocain) et enfin de nouveau Marrakech. Les photos sont déjà en ligne !

La vie est des plus douces au Royaume en ce mois de Novembre. Octobre a été marqué par des pluviométries records tant au niveau de Casablanca que sur le reste du pays, cela a même bloqué la route d’Ain Seeba un matin. Si la pluie fait des heureux dans les campagnes, en revanche cela a entraîné de gros dégâts matériels et de nombreuses victimes surtout dans le nord du pays.

Depuis ces intempéries, le temps est de nouveau au beau fixe, ciel bleu et grand soleil mais il commence à faire frais à la tombée de la nuit. Qui plus est, les appartements ne sont pas équipés en chauffage, la clime réversible étant une sacrée blague.

Le mois de Novembre a notamment été marqué par un mariage franco-marocain à Marrakech qui feraMariage à Marrakech l’objet d’un prochain article. Sinon, le week-end dernier, l’ambiance était des plus chaudes dans les rues de la ville à l’occasion du derby entre les deux clubs de football de la ville : le Raja Casablanca et le Wydad Casablanca. A 10h, on pouvait déjà entendre les premiers groupes de supporters entonner leurs chants respectifs dans le centre de Casablanca. Aux abords du stade, c’était l’ébullition avec un dispositif policier d’ampleur, un militaire tous les deux mètres dans les rues adjacentes. La rencontre s’est soldée par un 0-0 sans incidents majeurs à déplorer.

En ce Mardi 18 Novembre, la journée est fériée au Maroc à l’occasion de l’anniversaire de l’Indépendance du Royaume (18 Novembre 1955 : Déclaration d’Indépendance par Sa Majesté Mohammed V).

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Aid El Fitr in Dar El Beida

October 9, 2008

Mardi soir, l’annonce au journal TV sur la chaîne marocaine 2M Maroc sonnait officiellement le glas du Ramadan a à la plus grande joie des locaux. Pour ma part, c’était également la délivrance et synonyme d’un week-end de 5 jours à l’occasion des fêtes de Ramadan : Aid El Fitr.

Jean-Mi is Back in The City…

Pour l’occasion, ce cher Jean-Mi m’a fait l’honneur de sa venue à Casablanca en provenance d’Alger. Après 1H de retard dû (merci Air Algeria), Jean-Mi posait ses valises à Dar El Beida comme l’appellent les locaux pour 4 jours de découverte et de fête tout de même, les lieux de vie nocturne rouvrant finalement leurs portes samedi à la tombée de la nuit.

Middle-Age in Nouvelle Medina

Le programme a été tranquille rythmé par des scéances découvertes de la ville, notamment en premier lieu la toujours majestueuse Mosquée Hassan II où l’esplanade prenait des allures de kermesse en ce jour férié. Le jour suivant, la visite s’est poursuivie par la découverte du Quartier des Habous situé un peu plus en recul du centre-ville, réputé pour son artisanat local : babouches, peintures, faience marocaine de Fes et autres boûtes magiques en tout genre. La ballade s’est étendue à la Nouvelle Medina pour découvrir une autre facette de Casablanca, changement d’époque et plongée dans un Moyen-Age où les étales alternent entre légumes pas toujours des plus frais, tortues (les mange-t-il comme nos amis chinois?) et bazars en tout genre.

A Chicha Bar at Moussa Ben Noussair

La soirée a été l’occasion de tester un tout nouveau Chicha Bar en bas de ma rue. L’alcool est bien entendu bannie de l’endroit mais l’ambiance est des plus chaleureuses avec une lumière tamisée et des fauteuils confortables. Tout l’intérêt de l’endroit réside dans le fait de déguster un Narguilé au raisin de haute volée, rien à voir avec les bars acolytes de Paris, d’ailleurs condamnés à se transformer en Clubs Privés depuis le vote à l’Assemblée de cet chère loi anti-tabac. Goût raison accompagné d’un Thé à la Menthe, le service était également impeccable avec cerise sur le gâteau : un préposé au charbon qui vient changer toutes les 10 minutes. Il n’y a définitivement que le Maroc pour inventer de nouveaux métiers.

Chilling at Miami Beach Club

Le thermostat affichant allègrement les 25 degrés en ce week-end de fêtes marocaines, il n’aurait pas été de bon ton de manquer la plage où plutôt le club privé Miami Beach (à défaut de Tahiti Beach). Autant l’été l’endroit était saturé, autant en pleine semaine, les aficionados du transat et de la piscine à eau de mer se comptaient sur le doigt de la main. Il fallait ajouté encore quelques pêcheurs qui tentaient leur chance malgré le courant. A midi, sacrilège avec le premier McDo pour ma part au Maroc. Vêtus en bons touristes, on aurait du penser à apporter la cravate pour cet encas. L’ambiance du MC Do Ain Diab, c’est un peu the place to be in Casa, un Paris XVIe avec défilé de mode à l’intérieur et sur la terrasse. A croire que c’est le lieu pour être vu pour tout Casablancais au portefeuille bien garni. Si le Mc Do a plutôt une image populaire dans son pays natal où même dans notre contrée, ici la tajine est bien vite rangé au placard quand il s’agit de manger “US” le midi. Il faut dire que c’est un fort symbole d’occidentalisation.

Toujours en quête d’un lieu nocturne, la soirée s’est terminée au Petit Rocher à défaut de l’Amstrong qui sera resté portes closes toute la durée du séjour. Au-delà du divin repas de poissons, la blague marocaine de la soirée est venue du taxi qui nous a ramené dans le centre, oui le Petit Rocher est situé sur la Corniche, près du Phare de Casablanca. Pas de compteur et pas de négociation de prix à l’avance, il fallait forcément s’attendre à une mauvaise surprise au moment de régler la course. Pour indication, le trajet de jour a un côut de 10 DH, et la nuit c’est 50% de plus.

So we go to Police Station ?

Je demande donc bien naivement à ce cher chauffeur “Alors Sidi, c’est combien?”. Ce à quoi, très sereinement et nous prenant pour 2 bons Américains “Oh My God!” “Ca fait 80 Dirhams la course”. Quelle inflation :) Je m’oppose fermement à ce tarif en lui répliquant que c’est 50 Dirhams grand max, car on a tout de même fait un tour supplémentaire et on est de nuit. Il prend la mouche et commence à s’énerver en justifiant un trajet de Mers Sultan au Resto. Ce à quoi je commence à rétorquer “Tant Pis, on va au commissariat alors”. Après s’énerver un bon coup “Je ne suis pas de voleur”, il tente une dernière parade “Quelle heure il est sur ma montre?” “0h15 Sidi” et “Je vous ais pris à quelle heure ?” “23h45 Sidi” “Non 23h40″… Nous n’avons toujours pas compris l’argument encore aujourd’hui, notre ami s’est bel et bien pris les pieds dans le tapis. Après avoir tendu le billet de 50 Dirhams, il a fini par lâcher l’affaie tout en pestiférant. Il est vrai que la nuit nos amis Taxi ont tendance à profiter de la fatigue de leurs passager ou plutot à jeter leur dévolu sur l’étranger en pensant décrocher le pompom. D’ailleurs si vous êtes anglo-saxon, le prix de départ peut encore doubler, pas froids aux yeux nos amis.Heureusement que ce n’est pas la même histoire chaque matin pour aller au boulot…

Bien noter cependant que ce chauffeur n’était pas représentatif des chauffeurs de taxi casablancais, très serviables et proposant le tarif normal au compteur.

Babouches et Théières in Old Medina

Dernière Journée pour Jean-Mi à Casablanca avec une session achats du côté de l’Ancienne Medina, située Place des Nations-Unies dans le centre névralgique de Casa. Nous nous y rendons à pied depuis la maison. Les négociations y sont allées bon train et les discussions avec les locaux se sont éternisées, passant de nationalité successive : belge, américaine, anglaise, québécoise au gré de l’accroche du local et de notre humeur. Il était aussi intéressant de tester son arabe; que ce soit le dialecte algérien pour ce cher Jean-Mi ou le marocain pour ma part. Le Berbère a fait des ravages… ! Et Cherry on The Cake, la rencontre avec nos amis Chinois en provenance de Shenzen pour quelques mots de mandarin échangé en plein coeur de l’Ancienne Medina. Au premier “Ni Hao!”, les sourires étaient des plus radieux. Des services à thé, des babouches et surtout pas d’égarement dans la Medina, ce qui est déjà une belle performance.

Saturday Night Fever in Casablanca ou la Guinche à la Marocaine

Dernière Soirée Samedi soir et la Corniche commence à revivre. Les Locaux semblent s’être passés le mot. A défaut d’avoir le choix, nous nous sommes rabattus sur une boîte guindée – piano bar marocaine pour la découverte d’un autre monde. L’impression de revivre le film MaRock pour ma part jusqu’à très tard dans la nuit. 95% de mâles pour 5% de gente féminine. Carnaval, Bronx ? Je ne sais pas lequel décrit le mieux cet univers si particulier avec des pseudos-danseurs de tecktonik. Après s’être fait chauffés par les locaux et leur avoir donné la réplique en matière de bougeotte (n’a pas un passé de Guinguette qui veut), il était assez amusant de jouer à l’anglais, décontenencant le local à l’entente de “I am sorry”

Gazelles et Expats sur leur 31

Quelques expats français et italiens trainaient également par là. Les plus âgés étant accoudés au bar, glissant un mot doux à l’oreille des Belles Gazelles. Je ne préfère pas connaître la suite des hostilités. Une ambiance “weird” comme on dirait outre-manche et une sensation de mal à l’aise parfois au milieu de cette faune nocturne plein de dirhams dans les poches. Le jour et la nuit après la découverte de la Vieille Medina, l’impression de passer d’un biddonville de Mogadiscio à une soirée hype de Miami. Comme je le savais déjà, la vie nocturne ne porte pas de vrais espoirs pour ma part, mais il fait du bien d’y aller prendre la température, ça guinche à la marocaine en fait, beaucoup d’énergie et un sens du spectacle sur la piste à n’en pas douter, pas de violence, de simples altercations où le verbe suffit. Le retour difficile, le jus d’orange utilisé pour les cocktails ressemblait bizarrement aux stands de Marrakech, servi dans une bouteille en plastique Sidi Ali. Un nouveau scandale en taxi pour terminer la soirée en beauté!

Hammam et Gommage

Avant cette virée nocturne, nous sommes allés nous reposer et nous “laver” au Hammam Gautier. L’effet est toujours garanti même si j’ai trouvé le gommage un peu fort à mon goût, tradition locale oblige. Après ça, si on ne ressort pas tout propre, je ne sais que faire de plus. Scène assez atypique, je suis malencontreusement sorti du Hammam à l’heure de la prière, et j’ai du attendre que le préposé aux vestiaires termine sa prière dans la salle de repos pour pouvoir me changer. Patience, je vous disais, tout est affaire de patience au Royaume. Ceci dit, le thé berbère offert après la prière était des plus exquis !

Un superbe week-end de repos et de bon temps. Quant à Jean-Mi, il va retrouver l’ambiance algérienne pour le meilleur et pour le pire aussi… Pour ma part, la reprise du boulot a fait mal mais bon vendredi, ce sera enfin le retour dans les contrés natales inch’allah…

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When Economic Growth comes from the sky…

September 21, 2008

Une dizaine de jours et le Ramadan touchera enfin à sa fin. L’endurance fléchit et le jeûn commence à  ronger les nerfs des locaux et des étrangers également au final. Ce rythme si spécial, la fermetures des endroits nocturnes, cette drôle d’ambiance, tout cela commence à peser sérieusement. Pour couronner le tout, la pluie s’est invitée dans le ciel de Casablanca et l’orage a grondé (Katrina is back?) pour le plus grand bonheur de certains locaux, surtout quand la famille est dans la tomate. Les autres bloqués dans les embouteillages ont moins apprécié.

A ce propos, l’anecdote est plutot marrante : la pluviométrie aurait un impact conséquent sur la croissance du PIB marocain.

Le postulat m’avait laissé des plus dubitatifs jusqu’au jour où l’on m’a confié une présentation du pays à réaliser au bureau et qu’une des requêtes de mon donneur d’ordre était la suivante : “Ce serait également intéressant que vous pensiez à insérer un graph montrant la corrélation entre la croissance du PIB marocain et le niveau de pluviométrie”. A mon grand étonnement, je lui ai demandé des explications supplémentaires sur ce qu’il avançait et ce à quoi il me répondait “Au Maroc, on estime le taux de croissance moyen chaque année au alentours de 5% pour une année normale en termes climatiques. Ensuite, si la pluviométrie a été bonne, le taux peut connaître une inflexion comprise entre 2 et 3 points, et le contraire en cas de temps sec”. La pluviométrie joue donc bel et bien un rôle d’accélérateur ou de régulateur du taux de croissance de l’économie marocaine, assez incroyable!

Prépondérance du secteur agricole et climat sec

Hors sachant que si le Maroc se développe et s’industrialise à un rythme soutenu, la part du secteur agricole reste des plus prépondérantes dans l’économie : 50% de la population active pour 15% du PIB. Enfin, à la vue du climat, l’eau reste en effet une ressource des plus rares au Maroc (cf carte de la pluviométrie). En y réfléchissant un peu tout ça est alors des plus logiques, pas de pluie, pas d’eau, pas de culture, pas de récoltes, un schéma assez basique finalement…

A défaut d’avoir mis la banane aux Casablancais ce week-end, j’imagine que les sourires étaient des plus radieux dans les campagnes marocaines… Il n’est de richesse que d’hommes… et d’eau au Royaume du Maroc.

Autant dire que si Cuba et la côte Américaine pestaient contre l’ouragan Ike, il aurait été définitivement le bienvenue au Royaume ! En tout cas, les scènes étaient assez déroutantes ce week-end dans le centre-ville de Casablanca où les mules éprouvaient les pires difficultés à tirer les charrettes en patinant sur le goudron humide. Qui plus est, la menthe était aux abonnées absentes dans les étales “rupture de stock, on a pas été livré ce matin”. Pour ma part, cette pluie aura eu le mérite d’arroser un chouia mes plantes (Eh oui, N’a pas la main verte qui veut!) et de donner un coup de propre au mobilier de la terrasse ;)

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Hassan II Mosque, The Jewel of Casablanca

September 21, 2008

Mis à part les Twin, l’autre symbole de Casablanca, c’est la grande Mosquée Hassan II qui figure en bonne place sur toutes les cartes postales estampillées Casablanca. Edifice religieux d’une architecture islamique traditionnelle, la grande Mosquée est située en front de mer après la Corniche. Avant tout lieu de prière pour les Musulmans, elle est également ouverte au public et peut se visiter à des horaires bien définis pour ne pas interférer avec le culte du fidèle. A noter que c’est bel et bien la seule Mosquée au Maroc que les non musulmans peuvent visiter.

25.000 fidèles

La construction a débuté le 12 Juillet 1986 et l’édifice imposant a été inauguré le 30 Août 1993. Construite sur la Mer, la Mosquée possède un minaret d’une hauteur de 210 mètres de haut, ce qui en fait l’édifice religieux le plus haut au monde après la Mosquée de La Mecque (Al-Masjid Al-Ḥarâm, « La Mosquée sacrée»). Des artisans de tout le Royaume ont été mobilisés pour sa constrution supervisée par le groupe Français Bouygues. Surplombée d’un toit de 1.100 tonnes, la salle de prière peut accueillir 25.000 fidèles et surprend par la finesse du détail (sculpture à la main) au niveau de la décoration et le choix des matières : marbre, céramique… Il en est de même pour la salle des ablutions où les fidèles viennent se purifier avant la prière. A noter que la mixité n’est point de rigueur puisque si les hommes prient en bas, les femmes se retrouvent sur un balcon-terrasse en hauteur à l’écart.

Financée par les contributions de l’ensemble de la population Marocaine, elle est à l’image de ce que souhaitait le roi Hassan II, père défunt de l’actuel roi Mohammed VI. Tellement imposante qu’elle apparaît même sur une vue aérienne dans le film Babel lorsque l’hélicopère prend le large, le générique de fin défile alors sur cette dernière image. Le film raconte en effet 4 histoires croisées et se passe en partie au Maroc.

Quoi qu’il en soit, l’architecture de la mosquée avec ses couleurs claires et ses faiences, contraste radicalement avec l’architecture funèbre de nos lieux de culte. La Mosquée Hassan II est également beaucoup plus impressionnante par sa taille et sa situation sur la Mer rend l’édifice encore plus magistral. En somme, un joyaux architectural dont les Casablancais ont de quoi être plutot fiers. Malheureusement, la conservation de cet édifice sera encore un nouveau défi pour la ville de Casablanca et le pays puisque l’édifice est menacé depuis plusieurs années par des problèmes de stabilité dûs à sa situation en bord de mer.

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Speaking Arabic… or not!

September 13, 2008

Si la majorité des Casablancais parle le Français, héritage de l’Occupation et conservé depuis l’Indépendance du Royaume en 1956, peu l’écrivent néanmoins. Le Français au Maroc est la langue du travail et des Elites comme en témoigne le Lycée Français Lyautey. En revanche, la langue locale est bel et bien l’Arabe (العربية, al ʿarabīya), pas toujours le littéral, mais l’Arabe à la sauce marocaine. A l’instar des langues d’Extrême-Orient et plus précisément asiatiques, l’écriture fait office de “chinois” au premier occidental débarqué. A Casablanca, les inscriptions sont souvent dans les deux langues même si le Français, langue des affaires, prend une place de plus en plus prépondérante.

La pratique de l’Arabe au quotidien se fait dans la rue comme au travail. En effet, il n’est pas rare de surprendre une conversation en Arabe dans les couloirs au bureau. Cela tourne même parfois au carfanaum pendant les réunions, me retrouvant alors devant la barrière de la langue et ne saisissant aucune allusion. On a plutôt l’habitude d’utiliser sa langue pour tourner une situation à son avantage à l’étranger, ici le phénomène est inverse, les locaux vous comprennent parfaitement mais peuvent basculer dans leur dialecte et vous vous retrouvez alors sur la touche. Mais l’Arabe se pratique surtout pour ma part dans la rue avec le contact chez les commerçants ou avec le gardien d’immeuble à coup de “Salam Haleikhoum, Labes, Berer? Hamdulilah”. Comme dans toute culture et pays, c’est un passeport pour l’intégration et pour montrer au local qu’on est un peu du coin. Cela ouvre bien des portes et facilite grandement les démarches que ce soit au niveau administratif ou en termes de négociation pour le plus simple achat.

Pour l’instant, je ne me suis pas encore plongé dans la méthode Harrap’s, me cantonnant à saisir à l’oreille ave des acquis basiques. Il faut bien noter que la langue est là-aussi fortement inspirée par.


Né au IIe siècle, l’Arabe recouvre d’abord plusieurs variétés. En premier lieu, l’Arabe Classique est la langue du Coran. Ensuite, l’Arabe littéral est une forme modernisée de l’Arabe Classique, est la langue écrite commune de tous ls pays arabophones. En effet, de Casablanca à Algers, du Caire à Dubai en passant par Mogadiscio, la langue Arabe est parlée par près de 250 millions de personnes dans environ 22 pays. Enfin, l’Arabe Dialectal varie selon les contrées et les régions. Ainsi, la variété de l’Arabe Dialectal s’illustre à travers les différences entre l’Algérien, le Tunisien ou le Marocain et peut se comparer à l’incompréhension présente parfois entre un Québécois et un Français. L’écriture et la lecture de l’Arabe se réalise de droite à gauche, soit à l’inverse de nos langues. La langue Arabe est la seule au monde avec l’Hébreu à partager cette particularité.

Un Chouia de Kawa avant d’aller chez le Toubib

La langue Arabe, on la connaît un peu sans le savoir. Au niveau de l’écriture, les standards mondiaux ont d’ailleurs adopté les chiffres arabes. Par ailleurs, le Français a emprunté de nombreux termes à l’Arabe parmis lesquels : bled, baraka, came, camelote, hasard, maboul, razia, toubib… Sans s’en rendre compte, on utilise des expressions typiquement arabes “C’est kif-kif”, “Tu prends un Kawa?”, “J’ai rendez-vous chez mon toubib” ou encore “Ils ont fait une razia sur le Whisky, thé’”.

Voici quelques basiques avec la traduction littérale quand c’est nécessaire :

Salam Haleikhoum / Bonjour, Salut / Que la Paix soit avec vous
Wa Haleikhoum Salam / Bonjour, Salut (en réponse) / Et qu’elle soit avec vous
Labes, bi-khayr
( prononcez berer) ? /Ca va bien
Labes Haalik ?
/ Comment ca va toi ?
bi-khayr, Al Hamdulilaah
/ Oui, ca va bien / Dieu Merci
Beslama
/ Au Revoir
Chukran / Merci
Laa / Non
Naam / Oui
mezian bezzaf / très beau, très belle, très bon (ex : mezian bezzaf la gazelle)
Inch’Allah / On verra une autre fois / Si Dieu le veut

Ainsi, la connotation religieuse dans les différentes expressions est permanente, ce qui fait véritablement le charme de la langue. Autre aspect plutot appréciable est le salut en arabe dans la vie quotidienne, très important, il faut savoir prendre le temps de saluer son interlocuteur, prendre des nouvelles de lui mais aussi de sa santé, de sa famille et enfin lui souhaiter une bonne journée. Les conversations sont souvent surréalistes. Imaginez une série de “Bonjour, ca va ? Oui, merci ca va bien et toi ? Ca va El Hamdulillah, et toi ca va ? Ca se passe bien ? Ca va, la famille ca va ?….”, le tout répété de nombreuses fois tout au long de la journée. C’est ce qui se passe au quotidien, une fois la porte de l’immeuble franchie avec par ordre d’apparition : gardiens de l’immeuble, autres gardiens dans la rue, chauffeur de taxi, collègues de bureau. Ca continue avec le personnel du bureau, au téléphone avec n’importe quel interlocuteur local…

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Casablanca Nightlife

September 12, 2008

Un petit article pour inaugurer une nouvelle rubrique : Casa By Night. A la tombée de la nuit, Casablanca montre aussi de nouvelles facettes . Il va de soi que dans un pays musulman les nuits ne sont pas aussi agitées que dans nos contrées européennes mais une vie nocturne semble se dessiner même si elle n’est pas au goût de tout le monde. A propos, la rubrique risque d’être moins pourvue que pour des wicked London nights ou des chinoiseries shanghaiennes.

L’Amstrong Bar, la bonne surprise de Casablanca

Le premier constat réside dans la mince offre culturelle à Casablanca : Salles de Concerts, Théâtres et Cinéma de Quartier sont aux abonnés absents. De facto, cela se répercute sur la qualité et quantité des lieux de sorties nocturnes. La scène musicale est quasiment absente à l’exception faites de quelques lieux atypiques qui se comptent sur les doigts d’une main. Ainsi l’Amstrong Jazz Bar, testé et approuvé ,fait figure d’exception dans le paysage nocturne casablancais. Comme son nom l’indique, il doit son appelation en référence au défunt légende du Jazz, l’Américain Louis Amstrong. Situé sur la Corniche, il reçoit des groupes anglo-saxons s’éxécutant à la reprise de classiques du rock : Zombie de The Cranberries ou encore Seven Nation Army des White Stripes. L’ambiance qui se veut américaine et club de jazz, reste des plus agréables. Il existe d’autres lieux nocturnes aussi sympathiques à l’instar de la Cigale. Il reste à découvrir encore ces trésors dans les prochains mois. En revanche, des festivals de musique sont ponctuellement organisés sur Casablanca, notamment la dernière édition du Casa Music qui a vu Ziggy Marley ou Alpha Blondy.*

R’N'B ou… R’N'B

Il faut dire que Casablanca la nuit est aussi contrastée entre endroits traditionnels et lieux branchés adoptant les (mauvais et tristes) standards mondiaux dans le domaine. Ainsi, le choix s’arbitrera entre l’expérience d’un traditionnel Cabaret (à faire) , Danses Orientales et Chants Arabes en guise de spectacle, ou bien des Boîtes Jet-Set luxueuses passant en boucle le dernier David Guetta. L’entrée est alors moins difficile pour un expat, supposé au portefeuille bien garni (Bouteille obligatoire à 1.800 Dhs pour une table), ou un nabab Marocain débarquant avec voiture de sport et deux belles gazelles endimanchées. La dernière tentative fût néanmoins un échec pour ma part en restant à la porte du Carré Rouge. L’été, les endroits nocturnes de la Cornich sont en effet très sollicités par les MRE (Marocains Résidant à l’Etranger) qui ,avec belles voitures et paillettes, font un véritable show-off afin de mettre en avant leur “réussite”. La scène devant l’entrée était typique de la nuit casablancaise à l’image de ce local qui aurait fait un très bon figurant dans un clip de Rap US : Lunettes Rayban, Grosse Chaîne et tee-shirt provocateur “Tony est mort mais le Ghetto vit encore”, la panoplie était surprenante… Promis, j’irais me faire le même à Derb Ghallef la semaine prochaine et j’aurais alors le passeport idéal pour rentrer dans l’orgie !

Le VIP, le Rick’s Café, le Velvet… toutes ces boîtes rivalisent de luxe pour attirer le chaland. La concurrence fait rage avec les bars des Grands Hôtels : Hyatt ou Sheraton. Lieux VIP ouverts à la prostitution ou vieux troquets glauques pour le mâle de la classe populaire, Casablanca ne semble pas encore connaître l’intermédiaire ou tout du moins cela émerge tout doucement.

Malgré tout, il faut bien avouer que ça guinche à Casablanca, surtout du côté de la Corniche, ça guinche à la Marocaine, une curiosité à approfondir dans les prochains mois.

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