Archive for October, 2008

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Aid El Fitr in Dar El Beida

October 9, 2008

Mardi soir, l’annonce au journal TV sur la chaîne marocaine 2M Maroc sonnait officiellement le glas du Ramadan a à la plus grande joie des locaux. Pour ma part, c’était également la délivrance et synonyme d’un week-end de 5 jours à l’occasion des fêtes de Ramadan : Aid El Fitr.

Jean-Mi is Back in The City…

Pour l’occasion, ce cher Jean-Mi m’a fait l’honneur de sa venue à Casablanca en provenance d’Alger. Après 1H de retard dû (merci Air Algeria), Jean-Mi posait ses valises à Dar El Beida comme l’appellent les locaux pour 4 jours de découverte et de fête tout de même, les lieux de vie nocturne rouvrant finalement leurs portes samedi à la tombée de la nuit.

Middle-Age in Nouvelle Medina

Le programme a été tranquille rythmé par des scéances découvertes de la ville, notamment en premier lieu la toujours majestueuse Mosquée Hassan II où l’esplanade prenait des allures de kermesse en ce jour férié. Le jour suivant, la visite s’est poursuivie par la découverte du Quartier des Habous situé un peu plus en recul du centre-ville, réputé pour son artisanat local : babouches, peintures, faience marocaine de Fes et autres boûtes magiques en tout genre. La ballade s’est étendue à la Nouvelle Medina pour découvrir une autre facette de Casablanca, changement d’époque et plongée dans un Moyen-Age où les étales alternent entre légumes pas toujours des plus frais, tortues (les mange-t-il comme nos amis chinois?) et bazars en tout genre.

A Chicha Bar at Moussa Ben Noussair

La soirée a été l’occasion de tester un tout nouveau Chicha Bar en bas de ma rue. L’alcool est bien entendu bannie de l’endroit mais l’ambiance est des plus chaleureuses avec une lumière tamisée et des fauteuils confortables. Tout l’intérêt de l’endroit réside dans le fait de déguster un Narguilé au raisin de haute volée, rien à voir avec les bars acolytes de Paris, d’ailleurs condamnés à se transformer en Clubs Privés depuis le vote à l’Assemblée de cet chère loi anti-tabac. Goût raison accompagné d’un Thé à la Menthe, le service était également impeccable avec cerise sur le gâteau : un préposé au charbon qui vient changer toutes les 10 minutes. Il n’y a définitivement que le Maroc pour inventer de nouveaux métiers.

Chilling at Miami Beach Club

Le thermostat affichant allègrement les 25 degrés en ce week-end de fêtes marocaines, il n’aurait pas été de bon ton de manquer la plage où plutôt le club privé Miami Beach (à défaut de Tahiti Beach). Autant l’été l’endroit était saturé, autant en pleine semaine, les aficionados du transat et de la piscine à eau de mer se comptaient sur le doigt de la main. Il fallait ajouté encore quelques pêcheurs qui tentaient leur chance malgré le courant. A midi, sacrilège avec le premier McDo pour ma part au Maroc. Vêtus en bons touristes, on aurait du penser à apporter la cravate pour cet encas. L’ambiance du MC Do Ain Diab, c’est un peu the place to be in Casa, un Paris XVIe avec défilé de mode à l’intérieur et sur la terrasse. A croire que c’est le lieu pour être vu pour tout Casablancais au portefeuille bien garni. Si le Mc Do a plutôt une image populaire dans son pays natal où même dans notre contrée, ici la tajine est bien vite rangé au placard quand il s’agit de manger “US” le midi. Il faut dire que c’est un fort symbole d’occidentalisation.

Toujours en quête d’un lieu nocturne, la soirée s’est terminée au Petit Rocher à défaut de l’Amstrong qui sera resté portes closes toute la durée du séjour. Au-delà du divin repas de poissons, la blague marocaine de la soirée est venue du taxi qui nous a ramené dans le centre, oui le Petit Rocher est situé sur la Corniche, près du Phare de Casablanca. Pas de compteur et pas de négociation de prix à l’avance, il fallait forcément s’attendre à une mauvaise surprise au moment de régler la course. Pour indication, le trajet de jour a un côut de 10 DH, et la nuit c’est 50% de plus.

So we go to Police Station ?

Je demande donc bien naivement à ce cher chauffeur “Alors Sidi, c’est combien?”. Ce à quoi, très sereinement et nous prenant pour 2 bons Américains “Oh My God!” “Ca fait 80 Dirhams la course”. Quelle inflation :) Je m’oppose fermement à ce tarif en lui répliquant que c’est 50 Dirhams grand max, car on a tout de même fait un tour supplémentaire et on est de nuit. Il prend la mouche et commence à s’énerver en justifiant un trajet de Mers Sultan au Resto. Ce à quoi je commence à rétorquer “Tant Pis, on va au commissariat alors”. Après s’énerver un bon coup “Je ne suis pas de voleur”, il tente une dernière parade “Quelle heure il est sur ma montre?” “0h15 Sidi” et “Je vous ais pris à quelle heure ?” “23h45 Sidi” “Non 23h40″… Nous n’avons toujours pas compris l’argument encore aujourd’hui, notre ami s’est bel et bien pris les pieds dans le tapis. Après avoir tendu le billet de 50 Dirhams, il a fini par lâcher l’affaie tout en pestiférant. Il est vrai que la nuit nos amis Taxi ont tendance à profiter de la fatigue de leurs passager ou plutot à jeter leur dévolu sur l’étranger en pensant décrocher le pompom. D’ailleurs si vous êtes anglo-saxon, le prix de départ peut encore doubler, pas froids aux yeux nos amis.Heureusement que ce n’est pas la même histoire chaque matin pour aller au boulot…

Bien noter cependant que ce chauffeur n’était pas représentatif des chauffeurs de taxi casablancais, très serviables et proposant le tarif normal au compteur.

Babouches et Théières in Old Medina

Dernière Journée pour Jean-Mi à Casablanca avec une session achats du côté de l’Ancienne Medina, située Place des Nations-Unies dans le centre névralgique de Casa. Nous nous y rendons à pied depuis la maison. Les négociations y sont allées bon train et les discussions avec les locaux se sont éternisées, passant de nationalité successive : belge, américaine, anglaise, québécoise au gré de l’accroche du local et de notre humeur. Il était aussi intéressant de tester son arabe; que ce soit le dialecte algérien pour ce cher Jean-Mi ou le marocain pour ma part. Le Berbère a fait des ravages… ! Et Cherry on The Cake, la rencontre avec nos amis Chinois en provenance de Shenzen pour quelques mots de mandarin échangé en plein coeur de l’Ancienne Medina. Au premier “Ni Hao!”, les sourires étaient des plus radieux. Des services à thé, des babouches et surtout pas d’égarement dans la Medina, ce qui est déjà une belle performance.

Saturday Night Fever in Casablanca ou la Guinche à la Marocaine

Dernière Soirée Samedi soir et la Corniche commence à revivre. Les Locaux semblent s’être passés le mot. A défaut d’avoir le choix, nous nous sommes rabattus sur une boîte guindée – piano bar marocaine pour la découverte d’un autre monde. L’impression de revivre le film MaRock pour ma part jusqu’à très tard dans la nuit. 95% de mâles pour 5% de gente féminine. Carnaval, Bronx ? Je ne sais pas lequel décrit le mieux cet univers si particulier avec des pseudos-danseurs de tecktonik. Après s’être fait chauffés par les locaux et leur avoir donné la réplique en matière de bougeotte (n’a pas un passé de Guinguette qui veut), il était assez amusant de jouer à l’anglais, décontenencant le local à l’entente de “I am sorry”

Gazelles et Expats sur leur 31

Quelques expats français et italiens trainaient également par là. Les plus âgés étant accoudés au bar, glissant un mot doux à l’oreille des Belles Gazelles. Je ne préfère pas connaître la suite des hostilités. Une ambiance “weird” comme on dirait outre-manche et une sensation de mal à l’aise parfois au milieu de cette faune nocturne plein de dirhams dans les poches. Le jour et la nuit après la découverte de la Vieille Medina, l’impression de passer d’un biddonville de Mogadiscio à une soirée hype de Miami. Comme je le savais déjà, la vie nocturne ne porte pas de vrais espoirs pour ma part, mais il fait du bien d’y aller prendre la température, ça guinche à la marocaine en fait, beaucoup d’énergie et un sens du spectacle sur la piste à n’en pas douter, pas de violence, de simples altercations où le verbe suffit. Le retour difficile, le jus d’orange utilisé pour les cocktails ressemblait bizarrement aux stands de Marrakech, servi dans une bouteille en plastique Sidi Ali. Un nouveau scandale en taxi pour terminer la soirée en beauté!

Hammam et Gommage

Avant cette virée nocturne, nous sommes allés nous reposer et nous “laver” au Hammam Gautier. L’effet est toujours garanti même si j’ai trouvé le gommage un peu fort à mon goût, tradition locale oblige. Après ça, si on ne ressort pas tout propre, je ne sais que faire de plus. Scène assez atypique, je suis malencontreusement sorti du Hammam à l’heure de la prière, et j’ai du attendre que le préposé aux vestiaires termine sa prière dans la salle de repos pour pouvoir me changer. Patience, je vous disais, tout est affaire de patience au Royaume. Ceci dit, le thé berbère offert après la prière était des plus exquis !

Un superbe week-end de repos et de bon temps. Quant à Jean-Mi, il va retrouver l’ambiance algérienne pour le meilleur et pour le pire aussi… Pour ma part, la reprise du boulot a fait mal mais bon vendredi, ce sera enfin le retour dans les contrés natales inch’allah…