Posts Tagged ‘Islam’

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Hassan II Mosque, The Jewel of Casablanca

September 21, 2008

Mis à part les Twin, l’autre symbole de Casablanca, c’est la grande Mosquée Hassan II qui figure en bonne place sur toutes les cartes postales estampillées Casablanca. Edifice religieux d’une architecture islamique traditionnelle, la grande Mosquée est située en front de mer après la Corniche. Avant tout lieu de prière pour les Musulmans, elle est également ouverte au public et peut se visiter à des horaires bien définis pour ne pas interférer avec le culte du fidèle. A noter que c’est bel et bien la seule Mosquée au Maroc que les non musulmans peuvent visiter.

25.000 fidèles

La construction a débuté le 12 Juillet 1986 et l’édifice imposant a été inauguré le 30 Août 1993. Construite sur la Mer, la Mosquée possède un minaret d’une hauteur de 210 mètres de haut, ce qui en fait l’édifice religieux le plus haut au monde après la Mosquée de La Mecque (Al-Masjid Al-Ḥarâm, « La Mosquée sacrée»). Des artisans de tout le Royaume ont été mobilisés pour sa constrution supervisée par le groupe Français Bouygues. Surplombée d’un toit de 1.100 tonnes, la salle de prière peut accueillir 25.000 fidèles et surprend par la finesse du détail (sculpture à la main) au niveau de la décoration et le choix des matières : marbre, céramique… Il en est de même pour la salle des ablutions où les fidèles viennent se purifier avant la prière. A noter que la mixité n’est point de rigueur puisque si les hommes prient en bas, les femmes se retrouvent sur un balcon-terrasse en hauteur à l’écart.

Financée par les contributions de l’ensemble de la population Marocaine, elle est à l’image de ce que souhaitait le roi Hassan II, père défunt de l’actuel roi Mohammed VI. Tellement imposante qu’elle apparaît même sur une vue aérienne dans le film Babel lorsque l’hélicopère prend le large, le générique de fin défile alors sur cette dernière image. Le film raconte en effet 4 histoires croisées et se passe en partie au Maroc.

Quoi qu’il en soit, l’architecture de la mosquée avec ses couleurs claires et ses faiences, contraste radicalement avec l’architecture funèbre de nos lieux de culte. La Mosquée Hassan II est également beaucoup plus impressionnante par sa taille et sa situation sur la Mer rend l’édifice encore plus magistral. En somme, un joyaux architectural dont les Casablancais ont de quoi être plutot fiers. Malheureusement, la conservation de cet édifice sera encore un nouveau défi pour la ville de Casablanca et le pays puisque l’édifice est menacé depuis plusieurs années par des problèmes de stabilité dûs à sa situation en bord de mer.

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Speaking Arabic… or not!

September 13, 2008

Si la majorité des Casablancais parle le Français, héritage de l’Occupation et conservé depuis l’Indépendance du Royaume en 1956, peu l’écrivent néanmoins. Le Français au Maroc est la langue du travail et des Elites comme en témoigne le Lycée Français Lyautey. En revanche, la langue locale est bel et bien l’Arabe (العربية, al ʿarabīya), pas toujours le littéral, mais l’Arabe à la sauce marocaine. A l’instar des langues d’Extrême-Orient et plus précisément asiatiques, l’écriture fait office de “chinois” au premier occidental débarqué. A Casablanca, les inscriptions sont souvent dans les deux langues même si le Français, langue des affaires, prend une place de plus en plus prépondérante.

La pratique de l’Arabe au quotidien se fait dans la rue comme au travail. En effet, il n’est pas rare de surprendre une conversation en Arabe dans les couloirs au bureau. Cela tourne même parfois au carfanaum pendant les réunions, me retrouvant alors devant la barrière de la langue et ne saisissant aucune allusion. On a plutôt l’habitude d’utiliser sa langue pour tourner une situation à son avantage à l’étranger, ici le phénomène est inverse, les locaux vous comprennent parfaitement mais peuvent basculer dans leur dialecte et vous vous retrouvez alors sur la touche. Mais l’Arabe se pratique surtout pour ma part dans la rue avec le contact chez les commerçants ou avec le gardien d’immeuble à coup de “Salam Haleikhoum, Labes, Berer? Hamdulilah”. Comme dans toute culture et pays, c’est un passeport pour l’intégration et pour montrer au local qu’on est un peu du coin. Cela ouvre bien des portes et facilite grandement les démarches que ce soit au niveau administratif ou en termes de négociation pour le plus simple achat.

Pour l’instant, je ne me suis pas encore plongé dans la méthode Harrap’s, me cantonnant à saisir à l’oreille ave des acquis basiques. Il faut bien noter que la langue est là-aussi fortement inspirée par.


Né au IIe siècle, l’Arabe recouvre d’abord plusieurs variétés. En premier lieu, l’Arabe Classique est la langue du Coran. Ensuite, l’Arabe littéral est une forme modernisée de l’Arabe Classique, est la langue écrite commune de tous ls pays arabophones. En effet, de Casablanca à Algers, du Caire à Dubai en passant par Mogadiscio, la langue Arabe est parlée par près de 250 millions de personnes dans environ 22 pays. Enfin, l’Arabe Dialectal varie selon les contrées et les régions. Ainsi, la variété de l’Arabe Dialectal s’illustre à travers les différences entre l’Algérien, le Tunisien ou le Marocain et peut se comparer à l’incompréhension présente parfois entre un Québécois et un Français. L’écriture et la lecture de l’Arabe se réalise de droite à gauche, soit à l’inverse de nos langues. La langue Arabe est la seule au monde avec l’Hébreu à partager cette particularité.

Un Chouia de Kawa avant d’aller chez le Toubib

La langue Arabe, on la connaît un peu sans le savoir. Au niveau de l’écriture, les standards mondiaux ont d’ailleurs adopté les chiffres arabes. Par ailleurs, le Français a emprunté de nombreux termes à l’Arabe parmis lesquels : bled, baraka, came, camelote, hasard, maboul, razia, toubib… Sans s’en rendre compte, on utilise des expressions typiquement arabes “C’est kif-kif”, “Tu prends un Kawa?”, “J’ai rendez-vous chez mon toubib” ou encore “Ils ont fait une razia sur le Whisky, thé’”.

Voici quelques basiques avec la traduction littérale quand c’est nécessaire :

Salam Haleikhoum / Bonjour, Salut / Que la Paix soit avec vous
Wa Haleikhoum Salam / Bonjour, Salut (en réponse) / Et qu’elle soit avec vous
Labes, bi-khayr
( prononcez berer) ? /Ca va bien
Labes Haalik ?
/ Comment ca va toi ?
bi-khayr, Al Hamdulilaah
/ Oui, ca va bien / Dieu Merci
Beslama
/ Au Revoir
Chukran / Merci
Laa / Non
Naam / Oui
mezian bezzaf / très beau, très belle, très bon (ex : mezian bezzaf la gazelle)
Inch’Allah / On verra une autre fois / Si Dieu le veut

Ainsi, la connotation religieuse dans les différentes expressions est permanente, ce qui fait véritablement le charme de la langue. Autre aspect plutot appréciable est le salut en arabe dans la vie quotidienne, très important, il faut savoir prendre le temps de saluer son interlocuteur, prendre des nouvelles de lui mais aussi de sa santé, de sa famille et enfin lui souhaiter une bonne journée. Les conversations sont souvent surréalistes. Imaginez une série de “Bonjour, ca va ? Oui, merci ca va bien et toi ? Ca va El Hamdulillah, et toi ca va ? Ca se passe bien ? Ca va, la famille ca va ?….”, le tout répété de nombreuses fois tout au long de la journée. C’est ce qui se passe au quotidien, une fois la porte de l’immeuble franchie avec par ordre d’apparition : gardiens de l’immeuble, autres gardiens dans la rue, chauffeur de taxi, collègues de bureau. Ca continue avec le personnel du bureau, au téléphone avec n’importe quel interlocuteur local…

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MaRock : un chouia de cinéma marocain

September 11, 2008

La culture comme on l’entend, c’est-à-dire classique ou occidentale et plus précisément le cinéma, n’a pas de véritable pignon sur rue à Casablanca. Les salles de cinémas se font très rares à l’exception du complexe Mégarama se contentant de passer les derniers blockbusters américains. Il faut dire que le pays n’a rien à envier aux contrées asiatiques en matière de piratage de l’Industrie Cinématographique, pour la modique somme de 10 Dhs il est facile d’acquérir le dernier film, pas encore sorti dans nos salles, en se rabattant au coin de la rue auprès d’un simple vendeur ayant pour présentoir les dernières nouveautés en stock. Au risque de tomber parfois sur un screener de mauvaise qualité avec le son russe, sous-titré en Arabe…

La production cinématographique locale n’est pas très connue et encore moins mise en avant. En matière d’industrie cinématographique, le pays est plutôt connu à travers ses Studios de Ouarzazate, concurrents directs d’Hollywood. Situés en plein désert, les studios cinématographiques marocains de l’Atlas ont accueilli de nombreux tournages de films étrangers : Lawrence d’Arabie, Gladiator, Alexandre le Grand ou encore Astérix et Obélix, Mission Cléopâtre.

MaRock, récit de la jeunesse dorée casablancaise

Cependant, sur les conseils d’un local, j’ai visionné le film MaRock, un film franco-marocain réalisé par Laïla Marrakchi et présenté en 2005 au Festival de Cannes. Ce film marocain contemporain a le mérite de se dérouler à Casablanca et raconte les aspirations de la jeunesse dorée marocaine.

La scène se déroule lors du Ramadan 1997 à l’approche du Baccalauréat pour les héros du film. Rita, jeune bachelière casablancaise et ses amis de la bourgeoisie locale découvrent les joies du flirt, profitent des soirées endiablées de Casa By Night et sont en Terminale au Lycée Lyautey, le lycée Français réputé où les enfants de la haute bourgeoisie marocaine sont scolarisés. Le frère de Rita, Mao, rentre tout juste de Londres pour passer le Ramadan au pays et semble moins compréhensif sur le comportement de sa soeur (soirées alcoolisées, flirts et jean-foutisme vis-à-vis de l’Islam), qui ne respecte pas le Ramadan et tombe sous le charme d’un juif, Youri.

Les Moeurs Occidentaux face au mur des Traditions Religieuses

Le film montre ainsi un tout autre visage du Maroc, et également de Casablanca. Il met en avant l’ouverture du pays et ces nouveaux moeurs à l’occidental qui se heurtent à des traditions musulmanes encore profondément ancrées. On cerne également mieux les aspirations de cette jeunesse branchée, en complet décalage avec le reste de la population marocaine, et qui ne pense qu’à quitter le pays pour la France ou les Etats-Unis afin de poursuivre des études supérieures dans un environnement plus libertaire. Au-delà de cette recherche de liberté, l’idée est également de pouvoir bénéficier de meilleurs infrastructures que celles offertes par le pays en matière d’études supérieures.

Le nouveau visage du Maroc

Plus que ce phénomène social, le film montre réellement les facettes du Maroc d’aujourd’hui. J’ai pu retrouverLa Jeunesse Dorée de Casablanca, MaRock ces détails propres au Maroc et à Casablanca que l’on peut parfois observer. La scène de prière du gardien de parking entre les berlines luxueuses garées devant la discothèque branchée de la Corniche ou encore la scène de corruption du policier surprenant une étreinte sur un parking (paiement de bakchich) ou encore , voire le petit marocain vendeur de cigarettes au détail à la sortie des clubs, en sont les plus typiques. La société à deux vitesses où deux mondes semblent cohabiter est encore plus frappante lorsque l’on voit ce personnel de maison : le majordome et les bonnes sont partie intégrante de la famille et véritabls parents de subsitution pour la jeune Rita qui leur confie ses déboires amoureux. Enfin, le peu de scènes sur le reste de la ville (Quartier du Maarifs, Marché, Grande Mosquée, Ancienne Medina) souligne la vie en microcosme de cette jeunesse privilégiée qui erre entre le Lycée Lyautey, les villas luxueuses du quartier Ain Diab et les lieux de débauche nocturne de la Corniche. Les seuls scènes montrant le reste de la ville laissent place à des courses-poursuites en voitures de sport à l’heure du Ftour.

Ainsi, la réalisatrice témoigne de cette jeunesse avide de moeurs occidentaux mais encore confrontée aux traditions familiales et religieuses toujours aussi ancrées dans le pays. La période de Ramadan illustre véritablement ce Maroc encore entre modernité et traditions où la religion joue une place prépondérante dans la vie quotidienne et semble finalement faire office de lien et d’union entre les différentes classes sociales marocaines. Mais le film trouve rapidement ses limites en se cantonnant au récit de cette amourette et en mettant de côté d’autres contrastes et défis à relever plus importants pour le pays. En somme, tout e même une bonne entrée en matière pour se faire une petite idée du Maroc d’aujourd’hui et se familiariser un chouia avec la ville de Casablanca !