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MaRock : un chouia de cinéma marocain

September 11, 2008

La culture comme on l’entend, c’est-à-dire classique ou occidentale et plus précisément le cinéma, n’a pas de véritable pignon sur rue à Casablanca. Les salles de cinémas se font très rares à l’exception du complexe Mégarama se contentant de passer les derniers blockbusters américains. Il faut dire que le pays n’a rien à envier aux contrées asiatiques en matière de piratage de l’Industrie Cinématographique, pour la modique somme de 10 Dhs il est facile d’acquérir le dernier film, pas encore sorti dans nos salles, en se rabattant au coin de la rue auprès d’un simple vendeur ayant pour présentoir les dernières nouveautés en stock. Au risque de tomber parfois sur un screener de mauvaise qualité avec le son russe, sous-titré en Arabe…

La production cinématographique locale n’est pas très connue et encore moins mise en avant. En matière d’industrie cinématographique, le pays est plutôt connu à travers ses Studios de Ouarzazate, concurrents directs d’Hollywood. Situés en plein désert, les studios cinématographiques marocains de l’Atlas ont accueilli de nombreux tournages de films étrangers : Lawrence d’Arabie, Gladiator, Alexandre le Grand ou encore Astérix et Obélix, Mission Cléopâtre.

MaRock, récit de la jeunesse dorée casablancaise

Cependant, sur les conseils d’un local, j’ai visionné le film MaRock, un film franco-marocain réalisé par Laïla Marrakchi et présenté en 2005 au Festival de Cannes. Ce film marocain contemporain a le mérite de se dérouler à Casablanca et raconte les aspirations de la jeunesse dorée marocaine.

La scène se déroule lors du Ramadan 1997 à l’approche du Baccalauréat pour les héros du film. Rita, jeune bachelière casablancaise et ses amis de la bourgeoisie locale découvrent les joies du flirt, profitent des soirées endiablées de Casa By Night et sont en Terminale au Lycée Lyautey, le lycée Français réputé où les enfants de la haute bourgeoisie marocaine sont scolarisés. Le frère de Rita, Mao, rentre tout juste de Londres pour passer le Ramadan au pays et semble moins compréhensif sur le comportement de sa soeur (soirées alcoolisées, flirts et jean-foutisme vis-à-vis de l’Islam), qui ne respecte pas le Ramadan et tombe sous le charme d’un juif, Youri.

Les Moeurs Occidentaux face au mur des Traditions Religieuses

Le film montre ainsi un tout autre visage du Maroc, et également de Casablanca. Il met en avant l’ouverture du pays et ces nouveaux moeurs à l’occidental qui se heurtent à des traditions musulmanes encore profondément ancrées. On cerne également mieux les aspirations de cette jeunesse branchée, en complet décalage avec le reste de la population marocaine, et qui ne pense qu’à quitter le pays pour la France ou les Etats-Unis afin de poursuivre des études supérieures dans un environnement plus libertaire. Au-delà de cette recherche de liberté, l’idée est également de pouvoir bénéficier de meilleurs infrastructures que celles offertes par le pays en matière d’études supérieures.

Le nouveau visage du Maroc

Plus que ce phénomène social, le film montre réellement les facettes du Maroc d’aujourd’hui. J’ai pu retrouverLa Jeunesse Dorée de Casablanca, MaRock ces détails propres au Maroc et à Casablanca que l’on peut parfois observer. La scène de prière du gardien de parking entre les berlines luxueuses garées devant la discothèque branchée de la Corniche ou encore la scène de corruption du policier surprenant une étreinte sur un parking (paiement de bakchich) ou encore , voire le petit marocain vendeur de cigarettes au détail à la sortie des clubs, en sont les plus typiques. La société à deux vitesses où deux mondes semblent cohabiter est encore plus frappante lorsque l’on voit ce personnel de maison : le majordome et les bonnes sont partie intégrante de la famille et véritabls parents de subsitution pour la jeune Rita qui leur confie ses déboires amoureux. Enfin, le peu de scènes sur le reste de la ville (Quartier du Maarifs, Marché, Grande Mosquée, Ancienne Medina) souligne la vie en microcosme de cette jeunesse privilégiée qui erre entre le Lycée Lyautey, les villas luxueuses du quartier Ain Diab et les lieux de débauche nocturne de la Corniche. Les seuls scènes montrant le reste de la ville laissent place à des courses-poursuites en voitures de sport à l’heure du Ftour.

Ainsi, la réalisatrice témoigne de cette jeunesse avide de moeurs occidentaux mais encore confrontée aux traditions familiales et religieuses toujours aussi ancrées dans le pays. La période de Ramadan illustre véritablement ce Maroc encore entre modernité et traditions où la religion joue une place prépondérante dans la vie quotidienne et semble finalement faire office de lien et d’union entre les différentes classes sociales marocaines. Mais le film trouve rapidement ses limites en se cantonnant au récit de cette amourette et en mettant de côté d’autres contrastes et défis à relever plus importants pour le pays. En somme, tout e même une bonne entrée en matière pour se faire une petite idée du Maroc d’aujourd’hui et se familiariser un chouia avec la ville de Casablanca !

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Ramadan Moubarak Said !

September 5, 2008

Depuis Mardi matin, le pays et la ville de Casablanca ont pris un autre rythme de vie avec le début du Ramadan (en arabe رَمَضَانramadān), et ce pour un mois. Le Ramadan est un temps religieux particulier, celui du jeûn et de la prière. Ainsi Le rythme du travail s’en ressent grandement et c’est une toute autre ambiance au bureau.

Un pays au ralenti…

Le matin, la ville est des plus calmes, restaurants, cafés et commerces ayant encore porte close. La journée débute assez tôt vers 8h et les collègues marocains quittent le travail vers 15h. Les couloirs ne sont plus aussi agités et c’est un silence de mort qui règne à l’instar du mois d’août. Les visages semblent déjà fatigués en ces premiers jours de jeûne. Pour nous autres français, nous nous prenons assez facilement au jeu par respect des locaux même si le jeûne entier n’est pas encore de rigueur pour tout le monde. C’est plutot au niveau de l’organisation qu’il faut s’adapter. Ainsi, le jeûn de la cigarette s’est imposé de facto pour ma part, ce qui n’est pas plus mal. Je me contente de quelques gorgées d’eau quand la fatigue se fait ressentir mais toujours dans le dos des collègues marocain ou à l’abri dans le bureau d’un collègue français.

Bousculades et Embouteillages

Les repas du midi sont assez expéditifs, parfois une excursion en voiture à la boulangerie “Ahmoud”, histoire d’acheter de quoi se caler le ventre. A tous les niveaux, il faut anticiper. A 15h, c’est un concert de klaxons et de joyeux bouchons dans les artères de Casablanca, les locaux se pressant de rentrer à la maison. A 16, l’Acima (Auchan Local) n’a rien à envier aux grands magasins français en période de soldes. La foule était tellement importante aux caisses que j’ai préféré rebrousser chemin. Quant à la boulangerie, c’est un véritable carfanaum accompagné de grosses bousculades.

Casablanca, ville-fantôme

Il est vivement déconseillé de circuler en voiture aux alentours de 19h, soit juste avant le Ftour, la rupture du jeûn. En effet, les derniers retardataires sont des plus pressés pour rentrer au domicile familial et n’hésitent pas à appuyer sur l’accélérateur quitte à griller quelques feux rouges au passage. Tous les expats ont d’ailleurs reçu une note à ce sujet au bureau, surréaliste! Peu après 19h, les rues de Casablanca sont tout simplement désertes, pas un bruit, on se croirait à la campagne. Néanmoins, il n’est pas conseillé de s’y aventurer. De petits malfrats en profitent pour y rôder et y dépouiller le premier étranger venu.

Le coût du Ramadan

A noter que le Ramadan se cale sur le 9e mois du calendrier musulman. Grossomodo, l’évènement est décalé de quinze jours tous les ans. Cette année, il tombe en pleine rentrée scolaire et à la fin des vacances. Autant dire que cela pèse énormément sur les budgets familiaux car le Ramadan est avant tout un mois de fête, Imaginez un repas de Noël tous les soirs. Il n’y a pas qu’en France que le pouvoir d’achat prend un coup. Jusque-là, le gouvernement parvenait à contenir l’inflation alimentaire et la hausse de la facture énergétique par un système de caisse de compensation. Mais on entend dire que les caisses sont vides …

Première semaine de ramadan et pas encore d’incident majeur à déclarer, pourvu que ça dure inch’allah!