Un petit article pour inaugurer une nouvelle rubrique : Casa By Night. A la tombée de la nuit, Casablanca montre aussi de nouvelles facettes . Il va de soi que dans un pays musulman les nuits ne sont pas aussi agitées que dans nos contrées européennes mais une vie nocturne semble se dessiner même si elle n’est pas au goût de tout le monde. A propos, la rubrique risque d’être moins pourvue que pour des wicked London nights ou des chinoiseries shanghaiennes.
L’Amstrong Bar, la bonne surprise de Casablanca
Le premier constat réside dans la mince offre culturelle à Casablanca : Salles de Concerts, Théâtres et Cinéma de Quartier sont aux abonnés absents. De facto, cela se répercute sur la qualité et quantité des lieux de sorties nocturnes. La scène musicale est quasiment absente à l’exception faites de quelques lieux atypiques qui se comptent sur les doigts d’une main. Ainsi l’Amstrong Jazz Bar, testé et approuvé ,fait figure d’exception dans le paysage nocturne casablancais. Comme son nom l’indique, il doit son appelation en référence au
défunt légende du Jazz, l’Américain Louis Amstrong. Situé sur la Corniche, il reçoit des groupes anglo-saxons s’éxécutant à la reprise de classiques du rock : Zombie de The Cranberries ou encore Seven Nation Army des White Stripes. L’ambiance qui se veut américaine et club de jazz, reste des plus agréables. Il existe d’autres lieux nocturnes aussi sympathiques à l’instar de la Cigale. Il reste à découvrir encore ces trésors dans les prochains mois. En revanche, des festivals de musique sont ponctuellement organisés sur Casablanca, notamment la dernière édition du Casa Music qui a vu Ziggy Marley ou Alpha Blondy.*
R’N'B ou… R’N'B
Il faut dire que Casablanca la nuit est aussi contrastée entre endroits traditionnels et lieux branchés adoptant
les (mauvais et tristes) standards mondiaux dans le domaine. Ainsi, le choix s’arbitrera entre l’expérience d’un traditionnel Cabaret (à faire) , Danses Orientales et Chants Arabes en guise de spectacle, ou bien des Boîtes Jet-Set luxueuses passant en boucle le dernier David Guetta. L’entrée est alors moins difficile pour un expat, supposé au portefeuille bien garni (Bouteille obligatoire à 1.800 Dhs pour une table), ou un nabab Marocain débarquant avec voiture de sport et deux belles gazelles endimanchées. La dernière tentative fût néanmoins un échec pour ma part en restant à la porte du Carré Rouge. L’été, les endroits nocturnes de la Cornich sont en effet très sollicités par les MRE (Marocains Résidant à l’Etranger) qui ,avec belles voitures et paillettes, font un véritable show-off afin de mettre en avant leur “réussite”. La scène devant l’entrée était typique de la nuit casablancaise à l’image de ce local qui aurait fait un très bon figurant dans un clip de Rap US : Lunettes Rayban, Grosse Chaîne et tee-shirt provocateur “Tony est mort mais le Ghetto vit encore”, la panoplie était surprenante… Promis, j’irais me faire le même à Derb Ghallef la semaine prochaine et j’aurais alors le passeport idéal pour rentrer dans l’orgie !
Le VIP, le Rick’s Café, le Velvet… toutes ces boîtes rivalisent de luxe pour attirer le chaland. La concurrence fait rage avec les bars des Grands Hôtels : Hyatt ou Sheraton. Lieux VIP ouverts à la prostitution ou vieux troquets glauques pour le mâle de la classe populaire, Casablanca ne semble pas encore connaître l’intermédiaire ou tout du moins cela émerge tout doucement.
Malgré tout, il faut bien avouer que ça guinche à Casablanca, surtout du côté de la Corniche, ça guinche à la Marocaine, une curiosité à approfondir dans les prochains mois.









